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  Vendredi 20 février 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

Présence de la Lorraine dans la lexicographie française de l'Ancien Régime

 Présenté par : Isabelle Turcan

     Si nous nous intéressons à la présence de la Lorraine dans les dictionnaires de langue française imprimés sous l'Ancien Régime, c'est pour tenter de comprendre pourquoi le libraire nancéien, Pierre Antoine, a choisi de rééditer en Lorraine à Nancy, en 1734 puis de 1738 à 1742 et en 1752, le Dictionnaire Universel François et Latin dit de Trévoux car il fut imprimé dans cette petite ville de la Principauté de Dombes pour la première fois en 1704.
     Après avoir étudié dans quelle mesure la Lorraine fut présente, de façon modeste, dans les dictionnaires imprimés sous l'Ancien Régime avant la naissance du Dictionnaire [...] de Trévoux, nous montrerons que c'est véritablement dans ce grand ensemble sériel imprimé à diverses reprises tout au long du XVIIIe siècle (1704-1771) que la Lorraine rayonnera, à divers titres, dans l'Europe francophone des Lumières, grâce à des rédacteurs et éditeurs qui ont osé entrer en concurrence avec le Dictionnaire de l'Académie française pour représenter l'usage réel d'une langue française enracinée dans une culture et ouverte au monde.


  Vendredi 5 mars 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

Le vocabulaire politique aux 14e et 15e siècles : Constitution d’un lexique ou émergence d’une science ?

 Présenté par : Olivier Bertrand, Ecole Polytechnique et ATILF/CNRS

Lorsque les traducteurs de Charles V (1364-1380) se penchent sur les œuvres politiques de l’Antiquité et du moyen âge qu’ils traduisent laborieusement, ils ont conscience de créer un nouveau lexique mais prennent-ils bien la pleine mesure d’une émergence du fait politique comme entité constituée ? On sait qu’une grande partie du vocabulaire politique utilisé aujourd’hui en français fut créée aux 14e et 15e siècles par les traducteurs officiels du royaume. Cette période de l’histoire de la langue est-elle celle de la simple constitution d’un lexique qui s’étoffe peu à peu ou bien émerge-t-elle à la faveur d’une réelle conscience qu’avaient les souverains de construire une science de la politique ? La question soulevée ici est celle de l’émergence d’un lexique (celui du politique) et de son implication dans la société française à la fin du moyen âge : à la faveur des conflits tant politiques que théologiques entre papauté et royauté quant à la suprématie du pouvoir temporel, y a-t-il juste constitution d’un lexique spécialisé rendu possible par les nombreuses traductions commanditées par le roi de France ou bien mise en place d’une théorie (ou tentative de théorisation) de la politique qui s’installe, par le truchement du lexique, dans l’univers politique français ? Autrement dit, les nombreux néologismes dans le champ politique des 14e et 15e siècles s’inscrivent soit dans une production éparse de traduction des textes, soit dans une construction beaucoup plus élaborée d’une science naissante : la science politique. C’est à partir des préfaces des traducteurs, de leurs commentaires, des gloses, des textes historiques et des néologismes mêmes que nous tenterons d’évaluer si ce lexique politique naissant dépasse le cadre strictement linguistique.


  Vendredi 12 mars 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

Plaidoyer pour une mise à jour permanente de la rubrique "Etymol. et hist." des articles du TLFi

 Présenté par : Eva Buchi

  Cette intervention postule qu'outre le fait d'envisager la mise à jour progressive du TLFi dans des termes de veille lexicale (enrichissement de la nomenclature), notre laboratoire se doit de mettre en chantier une réactualisation permanente de la rubrique étymologique et historique de cet ouvrage de référence en lexicologie française. Cette nécessité s'explique par trois constats :

  1) Le TLF (et donc le TLFi) contient à ce jour le dictionnaire historique du français moderne le plus fiable ("le trésor dans le Trésor"). Or la conservation de cette position de premier ordre dépend de notre aptitude à répercuter les résultats de la recherche étymologique et historique contemporaine dans les colonnes de cet opus magnum.
  2) L'ATILF adopte une position quelque peu schizophrénique en assurant une large diffusion à un TLFi représentant l'état de la recherche de 1971/1994, tout en réalisant en son sein des recherches étymologiques et historiques poussées qui en rendent les rubriques "Étymol. et Hist." de plus en plus désuètes.
  3) Le passage du TLF au TLFi a constitué un immense pas en avant en raison des multiples possibilités d'interrogation qu'offre ce dernier. Or il s'agit à présent de profiter du second avantage que présente l'outil informatique sur l'outil papier : la facilité relative des corrections et mises à jour.

Les retouches à apporter à la rubrique historique des articles du TLFi issues de recherches réalisées parmi nous sont nombreux. On peut citer par exemple :

  • Les antédatations relevées par l'équipe "Moyen français et français préclassique". Ainsi pour adminicule (1555 > 1494/1498), arille (1808 > 1426) ou azimut (1544 > 1362)1.
  • Les étymologies corrigées dans la refonte du FEW : ainsi argent (représentant héréditaire analysé comme un emprunt au latin), autonomie (calque de l'anglais et de l'allemand à partir d'un hellénisme, analysé comme un hellénisme simple) ou loriot (occitanisme analysé comme une formation française).
  • Les étymologies revues dans le cadre de notre monographie sur les russismes romans : ainsi chaman (germanisme analysé comme un russisme), cosmonaute et maximalisme (russismes analysés comme des formations françaises) ou morse (latinisme analysé comme un russisme).
Par respect pour le texte original, nous ne proposons pas de modifier le contenu du TLF. Il s'agirait simplement de permettre aux lecteurs d'accéder par hypernavigation à une version remaniée de la rubrique "Étymol. et Hist." qui tiendrait compte des résultats de la recherche actuelle, à commencer par celle qui se réalise à l'intérieur du laboratoire. Bien évidemment, notre propos ne revient pas à "prendre le TLF en défaut", selon l'expression de F. J. Hausmann (cf. ZFSL 102 [1992], 225-236), mais s'inscrit dans une démarche de maintien de l'excellence d'un des produits phares de notre laboratoire.
La conférence sera suivie d'un débat animé par Jean-Marie Pierrel et auquel tout le monde est invité à participer.

1. Données amicalement mises à notre disposition par Hiltrud Gerner.


  Vendredi 19 mars 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

Le Dictionnaire françois de Richelet (1680) : un illustre méconnu

 Présenté par : Gilles Petrequin

Le Dictionnaire françois de Richelet, paru à Genève en 1680, reste de nos jours un illustre méconnu. Certes reconnu depuis longtemps comme le premier dictionnaire entièrement monolingue en français, il n’a encore jamais fait l’objet d’une étude approfondie quant à son apport spécifique sur les divers champs informationnels qu’il aborde et par lesquels il se démarque souvent de ses concurrents par la richesse de son discours descriptif sur la langue du XVIIe siècle.
Notre recherche actuelle s’attache donc avant tout à mettre la première édition du Dictionnaire de Richelet en contextualisation, tant par rapport à ses sources littéraires, techniques ou grammaticales qu’à l’égard des autres dictionnaires de la fin du XVIIe siècle, en particulier le Furetière et le Dictionnaire de l’Académie dont l’élaboration fut contemporaine du Richelet même s’ils parurent une décennie après lui.
Cette recherche sur l’édition de 1680 devra être à l’avenir prolongée dans plusieurs directions notamment en ce qui concerne la transformation et l’évolution du texte de l’ouvrage de 1680 lors de ses éditions successives, et en particulier à l’occasion de la réédition procurée par Richelet lui-même en 1693. Une étude menée sur les différentes éditions parues au XVIIIe siècle permettrait également de mieux cerner les enjeux lexicographiques et idéologiques qui opposaient le Richelet aux différentes autres entreprises éditoriales concurrentes de l’époque, le Furetière et le Trévoux notamment.
Le riche fonds de dictionnaires anciens de l’ATILF permettra de mener à bien cette enquête qui demanderait, pour être menée avec toute l’ampleur souhaitable, le concours de plusieurs chercheurs.


  Vendredi 2 avril 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

Problèmes et méthodes de la dialectométrie (avec une présentation du logiciel VDM-Visual Dialectometry)

 Présenté par : Hans Goebl (Université de Salzbourg)

      La dialectométrie (DM) telle que nous l'entendons et pratiquons depuis plus de deux décennies, est une discipline quantifiante dont la tâche est de déceler et d'analyser les " structures de profondeur " cachées dans la masse des données dialectales d'un atlas linguistique. Les méthodes-DM, définies et mises au point jusqu'au milieu des années 80 du siècle passé, ont servi de base, en 1999-2000, pour l'établissement d'un logiciel très puissant et rapide à la fois, conçu par Edgar Haimerl à Salzbourg au cours d'un stage de recherche de deux ans.
      Le but de mon intervention sera double : 1) de présenter les méthodes-DM les plus essentielles et d'en démontrer la raison d'être et l'utilité, 2) de présenter les résultats de plusieurs analyses-DM (effectuées sur les données d'un certain nombre d'atlas linguistiques : p. ex. de la France contemporaine et médiévale, de l'Italie, de l'Angleterre, des Pays Bas etc.)


  Vendredi 7 mai 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

"L'analyse de la conversation appliquée à un texte du 16e siècle : le cas du Tiers Livre de Rabelais"

 Présenté par : Véronique Zaercher (Toul)

Paru en 1546, soit une douzaine d'années après les deux premières chroniques, le Tiers Livre de Rabelais correspond au choix d'un nouveau genre, le dialogue, et à la production d'un ouvrage encore une fois complexe et protéiforme. Qu'il s'agisse de l'usage relativement fréquent de la narration, de l'agencement sériel des consultations ou du mélange de la comédie et de la philosophie selon la manière de Lucien de Samosate, ce long dialogue de Rabelais laisse apparaître à divers niveaux les marques de sa spécificité par rapport à la production de l'époque. Il se distingue aussi très nettement des autres chroniques (d'une part, Pantagruel et Gargantua publiés avant la date de 1546 ; d'autre part, le Quart Livre et le Cinquième Livre, ouvrages postérieurs, le second ayant été l'objet d'une publication posthume et faisant l'objet de controverses).
Dans ce cadre constitué par le dialogue, nous nous proposons d'analyser quelques particularités significatives, présentes à l'intérieur des discours d'encadrement ou des modalités de l'interlocution du Tiers Livre, en les confrontant aux usages repérables dans le reste de l'oeuvre. Trois perspectives seront tout particulièrement privilégiées : 1) les verbes de locution et leurs variations sémantiques ; 2) la syntaxe d'un segment spécifique tel que l'incise ; 3) les interactions et les modalités d'agencement des répliques.
En fonction du temps restant, nous nous interrogerons sur la pertinence qu'il pourrait y avoir à exploiter ces composantes textuelles pour évaluer l'authenticité du Cinquième Livre ou, en tout cas, la part qu'a pu avoir Rabelais dans sa rédaction.


  Vendredi 21 mai 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

  Titre à venir

 Présenté par : Sabine Ploux

  Résumé à venir


  Vendredi 4 juin 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

Le tréma

 Présenté par : Dominique Jacob (ATILF)

  Résumé à venir


  Vendredi 18 juin 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

«L’inclusion de particularismes extra-hexagonaux dans le Supplément du Trésor de la Langue Française : le cas des canadianismes »

 Présenté par : Julie Cyr (ATILF)

      L'année 2004 commémore le 400e anniversaire de la fondation de l'Acadie et le 120e anniversaire des études de linguistiques acadiennes. Fondée en 1604 à l'île Sainte-Croix (Maine, États-Unis) par Samuel de Champlain, l'Acadie correspond aux territoires occupés par les provinces canadiennes du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Édouard, les régions de la côte ouest de Terre-Neuve, de la Basse-Côte-Nord (Québec), du sud de la Gaspésie (Québec) et de la côte est du Maine (Madawaska, États-Unis), les îles de la Madeleine (Québec), de même que les îles françaises Saint-Pierre et Miquelon. En 1884, l'Acadien Pascal Poirier fit paraître la première étude consacrée au lexique acadien, un article intitulé " La langue acadienne ", dans la revue Nouvelles soirées canadiennes. À l'occasion de ces importantes commémorations, nous avons tenu à examiner la situation des acadianismes dans le TLF et son Supplément qui est en cours de réalisation.
      Lors de notre stage effectué au laboratoire ATILF, nous avons été invitée à collaborer au Supplément du plus vaste dictionnaire consacré à la langue française du XIXe et du XXe siècle afin d'y inclure plus particulièrement des acadianismes.
      Dans le cadre de notre démarche, le Dictionnaire du français acadien (Fides, 1999) d'Yves Cormier joue pour nous un rôle fondamental : il gère le conditionnement de la présence d'acadianismes au sein du Supplément du TLF. Le Dictionnaire du français acadien d'Yves Cormier est présent au niveau de toutes les étapes nous permettant d'inclure des acadianismes au Supplément du TLF.
      À partir d'un échantillon de quelques articles qui résultent de notre contribution au Supplément, nous aborderons les principales problématiques rencontrées au moment de la transposition de données linguistiques en provenance du Dictionnaire du français acadien dans le Supplément du TLF. Nous tâcherons de démontrer l'effort d'adaptation lexicographique que nécessite l'inclusion de particularismes extra-hexagonaux dans un dictionnaire français.


  Vendredi 10 septembre 2004 - 10h30-12h00 ATILF Bâtiment CNRS, salle Paul Imbs
Séminaire ATILF
 Titre :

« Sémantique historique théorique et appliquée - le cas d'ancien français /jeu/ »

 Présenté par : Thomas Städtler (Dictionnaire Etymologique de l'Ancien Français, Heidelberg)

  Résumé à venir