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Emile Gallé (Nancy, 1846-1904), céramiste, ébéniste et maître verrier, est un des artistes fondateurs de l’Art nouveau. Les citations gravées sur ses œuvres nous aident souvent à découvrir leur sens. Par ces citations, il associe leurs auteurs à ses propres émotions. Les textes qu’il fait apposer sur ses oeuvres leur donnent ainsi une nouvelle expression et une nouvelle profondeur. Ils nous éclairent sur le sens qu’il donne à ses créations. Emile Gallé éprouve la plus vive admiration pour Victor Hugo. Les deux hommes ont épousé les mêmes causes et sont sensibles aux mêmes grands sentiments qui animent la nature humaine : l’amour, la justice, la paix, mais aussi la souffrance. Tous les deux sont des hommes d’action qui n’hésitent pas à mettre leur talent et leur notoriété au service des causes qu’ils estiment devoir défendre. Sur les cinquante-cinq écrivains ou poètes à qui Emile Gallé a fait des emprunts, Victor Hugo arrive de très loin en tête avec près de soixante citations. Plus de cinquante sont apposées sur des œuvres de verre, trois sont mentionnées dans le Décor symbolique, le discours de réception d’Emile Gallé à l’Académie de Stanislas, une autre est citée dans Ecrit pour l’Art, deux sont apposées sur bois et pas une seule sur céramique. Le style que Gallé a adopté pour ses faïences ne pouvait s’accorder avec le symbolisme et la puissance de l’œuvre de Victor Hugo. Cette force, cette beauté du verbe, ces symboles, ces sentiments, Gallé n’a pu les exprimer que sur verre, le matériau qui permet toutes les harmonies et se prête aux combinaisons les plus subtiles. Il n’est donc pas étonnant que ce soit quasi exclusivement sur verre que Gallé se soit inspiré de l’œuvre de Victor Hugo.
Hugo dans Gallé par François Le Tacon
Nous allons successivement prendre six thèmes qui ont été chers à ces deux grands humanistes qu’étaient Victor Hugo et Emile Gallé : l’amour, la nature, la justice, la paix sans le renoncement, l’apaisement des souffrances et l’espoir d’un monde meilleur.
Nous connaissons tous l'inoubliable poème de Ronsard : Mignonne allons voir si la rose. La rose a été de tout temps le symbole de l'amour et de la beauté qui passe. Lorsque Vénus sortit des eaux, la terre fut fort embarrassée. Comment orner le front d'une aussi belle créature? La terre fit naître la rose et le problème fut résolu nous dit Grandville. On dit aussi que Zéphyr, amoureux de la déesse Flore ne savait pas comment la séduire. Il se changea en fleur si belle que Flore, éperdue d'amour, y déposa un baiser. Cette fleur était la rose, nous dit encore Grandville. Mais que ressentait Emile Gallé devant la rose? Voici ce qu'il nous dit dans Ecrits pour l'Art :
Les roses sont aimables dans les roseraies. Elles sont désirables parmi les haies, sur les seins, au bout des doigts, et délicieuses, effeuillées, dans les coupes! Comment expliquer le pouvoir qu'exercent à la fois, sur les moins nobles et les plus délicats de nos sens, le vertige exhalé par l'odeur des carmins, la flatterie de la nuance, qui s'insinue plus avant, dans les âmes que la couleur crue ne les blesse, enfin le rêve où, plus subtilement que tout brillant vernissage, nous induit la matité qui veloute sa caresse. Devant le problème de la rose, le poètes ont toujours la même réponse. Hugo s'écrie tout de suite :
Hugo et Gallé ont chacun à leur manière célébrer l’amour, l’amour des autres, l’amour du bien, l’amour de la patrie, l’amour sous tous ses aspects. En dehors des deux citations précédentes, Gallé a emprunté à Victor Hugo au moins sept autres citations se rapportant à l’amour, à la rose ou au bleuet, autre symbole de l’amour : Douce est l’aurore et douces sont les roses. L’idée d’amour, des tristes yeux Les bleuets la trouvaient belle. Allez, Allez, ô jeunes filles Je n’ai rien d’autre à faire ici-bas que d’aimer. Ô vivants qui flottez dans l’énigme infinie, Le bleu matin / surgit disant / Aimez vivez.
L'intérêt d'Emile Gallé pour la nature commence très tôt sous l’influence de son grand-père, soldat de l’Empire, de sa mère, Fanny Reinemer, et de sa préceptrice, Virginie Mauvais. Il est élevé dans le culte de Jean Jacques Rousseau et apprend à lire dans les Fleurs animées de Grandville qui se terminent par un traité de botanique et de physiologie végétale. A l'age de 14 ans, alors qu'il est encore élève au Lycée Impérial de Nancy, il devient l'ami de René Zeiller, dont le grand père maternel, Charles François Guibal, petit fils de Barthélémy Guibal, sculpteur du roi Stanislas Leszczynski, est passionné de botanique. Ce grand-père emmène en promenade ses petits-fils, Paul et René ainsi que leur ami Emile Gallé. Il herborise avec eux à travers les bois et les coteaux des environs de Nancy. Emile Gallé suit aussi les excursions et l'enseignement public de Dominique Alexandre Godron, homme au savoir encyclopédique, correspondant de l'Institut, professeur de botanique à la faculté des sciences de Nancy, directeur du jardin botanique de Nancy, membre de la Société botanique de France et rival respecté de Charles Darwin. Emile Gallé devient rapidement un remarquable spécialiste des plantes auxquelles il va vouer jusqu’à sa mort une passion sans partage. Il ne se contente pas de fréquenter et d’administrer le Jardin Botanique de la ville de Nancy. Il constitue une incroyable collection de végétaux dans sa propriété personnelle, 2 Avenue de la Garenne à Nancy, puis plus tard dans les jardins de son usine au 39 de la même avenue. A sa mort il possède environ trois mille espèces provenant du monde entier. A la fin du dix-neuvième siècle, la pensée scientifique d'Emile Gallé se situe au niveau de celle des plus grands savants. Il poursuit l'oeuvre des penseurs évolutionnistes du dix-neuvième siècle, Lamarck, Goethe et Darwin. Il a pour objectif d'établir l’histoire de l’évolution de certaines familles de plantes, comme celle des orchidées. Il étudie les mutations chez une gentiane, Gentiana campestris, et comprend le rôle qu'elles peuvent avoir dans l'évolution des espèces. . Tout au long de sa vie, il réussit à concilier son travail scientifique et son activité artistique. Il nourrit son inspiration de ses réflexions de savant. La vie est synonyme de perfection et donc de beauté. Pourquoi l'artiste rechercherait-il d'autres sources d'inspiration que la nature, puisqu'elle peut lui fournir des modèles idéaux en nombre illimité ? Emile Gallé transcrit sa passion pour la nature dans ses oeuvres d'art. La nature est d'abord utilisée en tant que telle, c'est-à-dire directement transcrite, sans interprétation, sur faïence, sur verre ou sur bois. Elle devient ensuite une matrice que l'artiste façonne avec son imagination, sa sensibilité et son sens des symboles Les arbres Les arbres symbolisent la force, la pérennité, la résistance à l'adversité. La forêt est un asile qui apporte le repos, l'apaisement. et permet un retour aux sources. La devise d’Emile Gallé n’était-elle pas : Ma racine est au fond des bois ? A l'exposition universelle de 1900, Emile Gallé est épuisé par la maladie et par son combat pour la justice. Il créé une vitrine qu'il appelle Repos dans la Solitude où selon ses propres termes des vases à végétations forestières, sur des thèmes de saint François d’Assise, Victor Hugo, Baudelaire, Marceline Valmore et de poètes contemporains sont exposés. La vitrine elle-même est menuisée d'après l'Arbre. Les trois montants du niveau moyen et le décor du niveau supérieur sont inspirés des tiges, des bourgeons et des houppiers d’érables. Selon Emile Gallé, cette vitrine a été conçue sur un texte de saint Marc : Venez, cherchons un site solitaire et prenez un peu de repos. Emile Gallé, épuisé physiquement et moralement, exclu du Jury de l'Exposition universelle en raison de ses positions de dreyfusard, cherche l'apaisement parmi les arbres où depuis toujours sont ses racines. Emile Gallé a emprunté à Victor Hugo plusieurs citations faisant allusion aux arbres et la forêt : Les arbres se parlent tout bas. Et l’arbre de la route O forêts, ciel pur, ombre des grands chênes, O forêts, bois profonds, solitude, asile. Mais le sabbat sombre aux rauques huées Mais la forêt est aussi un lieu de mystère de mystère propre à la méditation à l’inspiration et à la création : Puisque voici la saison des pervenches
L’eau L’eau est la source de toute vie. C’est aussi dans l’eau que la vie est née. Les étangs, la mer et les océans sont des lieux mystérieux qui renferment les secrets de la vie. La frissonnante libellule Emile Gallé a toujours été fasciné par la libellule, symbole de l’évolution de la vie et de sa naissance dans les eaux. Le thème de la libellule est constant dans son oeuvre avec des représentations qui suivent l’évolution de la mise en oeuvre de nouvelles techniques ou de nouveaux matériaux.
Emile Gallé a été durant toute sa vie un humaniste convaincu et engagé, défenseur de tous les opprimés. Il a été un des promoteurs de l’Université populaire de Nancy et trésorier de la section nancéenne de la Ligue Française pour la Défense des Droits de l’Homme. Il a été en 1898 un des premiers partisans d’Alfred Dreyfus dans une ville particulièrement antidreyfusarde au risque de mettre en péril son entreprise. Il n’a pas hésité à mettre son art et sa plume au service du Capitaine, ce qui lui a valu à plusieurs reprises les foudres de la presse régionale. Il n’a pas hésité à créer un journal, l’Etoile de l’Est, pour défendre publiquement ses opinions qui ont mis fin à son amitié avec Maurice Barrès. Il a dénoncé le Génocide Arménien, défendu les juifs de Roumanie et lui, le protestant, a pris le parti des catholiques irlandais contre l’Angleterre et soutenu William O’Brien un des chefs de la révolte irlandaise.
L’affaire Dreyfus En septembre 1894, un bordereau anonyme énumérant des documents secrets livrés à l’Allemagne est trouvé dans la corbeille à papier du colonel von Schwartzkoppen, attaché militaire allemand à Paris. Il est transmis au Ministère de la Guerre. L’écriture du bordereau est identifiée comme celle d’Alfred Dreyfus (1859-1915), de confession israélite, polytechnicien et capitaine à l’état-major général de l’armée. Il est arrêté le 15 octobre 1894. et condamné pour trahison à la déportation perpétuelle et à la dégradation par le Conseil de Guerre. Il est dégradé publiquement dans la cour de l’Ecole militaire à Paris le 5 janvier 1895. Les cercles familiaux ou d’amitié qui lient les familles Dreyfus et Gallé laissent à penser qu’Emile Gallé et sa femme, Henriette Gallé-Grimm, étaient convaincus de l’innocence du capitaine Dreyfus dès novembre 1896, lorsque Mathieu Dreyfus découvre dans Le Matin le fac-similé du bordereau. En effet, un des meilleurs amis de Mathieu Dreyfus, est le banquier Christ apparenté à Henriette Gallé-Grimm. La soeur d’Alfred Dreyfus, Madame Schill, habite à Nancy, 1 rue saint-Dizier. Elle est très liée avec la famille Gallé. Enfin Charles Keller, le beau-frère d’Emile Gallé, est proche d’Auguste Scheurer-Kestner, dernier sénateur d’Alsace, vice-président du Sénat et un des principaux acteurs de la défense de Dreyfus. Le 14 janvier 1898, la liste des protestataires qui apportent leur soutien à Zola commence à circuler. Le 15, l’Aurore publie la première protestation. Le 17, il publie la seconde liste des protestataires parmi lesquels figurent Emile Gallé. Le 28 avril 1898, Gallé écrit dans le numéro XVII de la Revue des arts décoratifs, p. 144-148 :
Et dès 1898, Emile Gallé va défendre Dreyfus avec son art et les écrits de Victor Hugo.
Le figuier Une version du vase Le figuier ou Le Graal, créé en 1898, figurait sur le manteau de la cheminée du four verrier reconstitué en 1900 à Paris. Le musée de l'École de Nancy en possède deux exemplaires, dont l’un est inachevé. Un autre version de cette oeuvre est connu. Cet autre exemplaire, qui faisait probablement partie de la collection Brugnot, est maintenant au Japon. Il est signé Gallé Expo 1900. Le deuxième exemplaire du musée de l’Ecole de Nancy appartenait à Eugène Corbin qui l’a légué au musée en 1935 sous le nom de vase Le Graal. L’exemplaire terminé du musée de l’Ecole de Nancy porte une inscription en vers de Victor Hugo :
Car tous les hommes sont les fils d'un même Père.
Emile Gallé ajoute dans une lettre à Pierre Heringer :
Cette oeuvre porte une autre inscription : En laissant rouler des pleurs humains le long de ce calice .
Cette deuxième citation est peut-être adaptée d’un autre texte de Victor Hugo :
Emile Gallé a transcrit en cristal les idées de Victor Hugo sur la fraternité qui doit exister entre les hommes et sur leur condition précaire et douloureuse en laissant rouler des pleurs humains le long de ce calice. Les larmes sont figurées par des applications à chaud de cristal le long du pied marqueté et patiné qui semble sculpté dans l'onyx ; le décor de figuier a été exécuté en marqueterie affleurante. Cette pièce fait aussi partie des oeuvres à thème religieux ; elle fait directement référence au Christ qui est symbolisé sur le vaisseau par l’élément christique PX gravé à l’intérieur d’un ovale. Sa forme en calice est proche de celle du Saint-Graal exécuté en 1893 pour Louis de Boussès de Fourcaud, professeur à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris et premier biographe de Gallé. Le Saint Graal est censé avoir contenu le sang du Christ. Depuis deux mille ans, il fait l’objet à travers les âges d’une quête mythique de l’homme à la recherche de l’absolu. La signature du calice Le figuier est très particulière avec une croix de Lorraine de dimension exagérée, mais en relation avec le symbole du Christ ; la croix de Lorraine est elle-même le symbole du fils de Dieu. Par les vers de Victor Hugo, Emile Gallé fait directement allusion à l’injustice qui frappe Dreyfus et rappelle que tous les hommes sont égaux, quelles que soient leur origine ou leur religion. L’allusion simultanée au capitaine Dreyfus et au Christ est aussi un symbole très fort. Tous les deux ont subi un procès inique ; tous les deux sont condamnés parce qu’ils sont juifs ; tous les deux subissent un calvaire, le Christ au Mont des Oliviers et Dreyfus à l’île du Diable. Plusieurs autres œuvres portant des citations de Victor Hugo font référence à Dreyfus. Le vase Heracleum, encore appelé Angélique, figurait dans la vitrine Repos dans la solitude à l‘Exposition Universelle de 1900 avec l’inscription :
Aimons l’idée avec tous ses aspects, Puissance, Vérité, Liberté, Paix, Justice, Innocence. Victor Hugo .
L’angélique, symbole de l’innocence, est une allusion directe à l’injustice qui frappe le capitaine Dreyfus. Un exemplaire de cette oeuvre fait partie des collections du musée de l’Ecole de Nancy. Ce vase tubulaire en cristal filigrané double couche à couche externe vert clair ; le décor est constitué d’une ombellifère, l’Heracleum, selon Emile Hinzelin, l’angélique, Angelica archangelica, selon Georges Barbier-Ludwig. Les feuilles et les fruits ont été dégagés en camée à la roue et à l'acide ; les fleurs et les pédoncules ont été appliqués à chaud à la partie supérieure du vase et repris à la roue. Le nom de la berce est gravé en fines incisions sous l'ouverture.
La Solanée Avec La solanée, Emile Gallé a utilisé le tubercule, la fleur et la tige de la pomme de terre pour créer cette délicate verrerie. Le corps est en cristal coloré blanc ; le col et l’épaulement sont en verre filigrané de couleur verte, appliqués à chaud ; le décor à motif de feuilles et de fleurs de Solanée, Solanum tuberosum, la pomme de terre ou Solanum dulcamaria, la douce-amère a été réalisé en marqueterie et est légèrement repris au touret. En 1900, une version de La solanée a été montée en lampe avec une citation de Victor Hugo rappelant une nouvelle fois l’affaire Dreyfus :
La lumière montera dans tout comme une sève. Victor Hugo.
Une autre version de la lampe La solanée que possédait personnellement Emile Gallé portait une citation voisine : La clarté montera .Bouton d’iris Ce vase, en cristal quadruple couche et en forme de bouton d’iris, chef-d’oeuvre de marqueterie pénétrante ou perforante existe en lampe avec une monture en bronze patiné. La version lampe a figuré à l’Exposition universelle de 1900. Elle portait un vers de Victor Hugo faisant aussi illusion à l’affaire Dreyfus :
Lumière, tu ne seras pas éteinte .
Une autre lampe, passée en vente publique en 1990, portait une citation adaptée des deux précédentes.
Idée tu ne seras point éteinte
Plusieurs autres vases d’Emile Gallé, que nous ne décrirons pas, faisant référence à l’affaire Dreyfus portent d’autres citations de Victor Hugo : L’obscurité couvre le monde, J’admire, ô vérité, plus que toute auréole, Paupières, ouvrez-vous, Vous savez bien que j’ai des ailes,
Le génocide arménien Après le premier génocide des Arméniens perpétré par les Turcs de 1894 à 1896, Emile Gallé décide de défendre les victimes des massacres :
Le 27 juillet 1900, il écrit à Anatole France de Plombières où il tente de se remettre des fatigues de l’Exposition Universelle et de la maladie qui commence déjà à l’affaiblir :
Emile Gallé s’était déjà ,depuis au moins un an environ, engagé auprès des Arméniens en leur faisant don de ce qui est encore plus précieux que l’argent, à savoir son art et ainsi une tribune devant le monde entier réuni à Paris au moment de l’Exposition Universelle. Deux oeuvres dédiées aux victimes du génocide arménien, une commode et un vase sont en effet présentés à cette occasion. Elles ont été conçues au moins courant 1899.
Commode Le sang d’Arménie ou Le Champ du sang Il existe au moins quatre exemplaires de cette commode dont l’une fait partie des collections du Musée des Beaux-Arts de Reims. Emile Gallé décrit lui-même ainsi cette commode :
Une citation extraite de La Légende des siècles est gravée sur le meuble :
Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde.
Vase Le sang d’Arménie Cette œuvre dont la localisation est inconnue est ainsi décrite par le poète Pierre Quillard (1864-1939), fondateur de la revue Pro Armenia dans le numéro du 25 décembre 1900 ; pp. 21-22) :
Ce vase portait vraisemblablement la même citation que la commode, mais nous n’en avons pas la certitude.
En 1870, pour de futiles raisons de succession sur le trône d’Espagne, la France et la Prusse entrent en guerre. Le 13 août 1870, les Nancéiens, atterrés et incrédules, assistent impuissants à l’entrée des troupes prussiennes dans leur ville. Après la défaite, Bismarck exige l’Alsace et une partie de la Lorraine. Malgré les protestations des hommes politiques alsaciens et lorrains, l’Assemblée nationale, réfugiée à Bordeaux, accepte la perte de l’Alsace et le démembrement de la Lorraine. Le traité de Francfort-sur-le-Main, signé le 10 mai 1871, intègre la plus grande partie du département de la Moselle ainsi que plusieurs cantons du département de la Meurthe et des Vosges à l’Empire allemand, proclamé à Versailles. L’Alsace et une partie de la Lorraine forment désormais le Reichland Elsass-Lothringen. La frontière passe à trente kilomètres à l’est de Nancy, qui reste français. et voit affluer de nombreux réfugiés. 150 000 alsaciens et lorrains fuient en effet les provinces annexées. Emile Gallé va durant toute sa vie lutter pour le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France. Il est particulièrement sensible à cette question. La famille de sa femme est restée en Alsace occupée. Il s’y rend fréquemment avec sa femme. Lorsqu’il épouse Henriette Grimm à Bischwiller en 1875, l’acte de mariage est rédigé suivant la loi allemande. Emile Gallé souhaite plus qu’aucun autre le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France, mais s’il lutte, il ne veut pas utiliser la force. Il ne veut plus de guerre. Il s’inspire ainsi de Victor Hugo pour deux vases dont la localisation est inconnue, mais qui ont été publiés en 1903 par Louis de Foucaud. Ces deux oeuvres, un vase intitulé Urnes roses et un vase canthare portent respectivement les citations de Victor Hugo :
Nous chasserons la guerre et le meurtre à coups d’aile .Plus de guerre, plus de sang .
Mais Emile Gallé ne renonce pas à la lutte pacifique autrement dit à la lutte des idées :
Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent, ce sont
Cette citation de Victor Hugo est gravée sur le vase canthare qu’il a offert en 1896 à son ami Victor Prouvé et qui est très voisin de l’œuvre publiée par Louis de Fourcaud. Ce canthare, don de la famille Prouvé, fait partie des collections du Musée de l’Ecole de Nancy.
La même idée se retrouve sur le vase Africana présentée à l’Exposition Universelle de 1900 et maintenant dans les collections du Musée des Arts décoratifs de Paris. Il est vraisemblablement dédié à la lutte pour la libération de l’Afrique.
Mais nous luttons
Pour lutter contre les souffrances et la détresse, les Hommes ont deux voies : celle de la science qui fait reculer la maladie et celle de Dieu lorsqu’il n’y a plus d’espoir parmi les Hommes. Emile Gallé va symboliser ces deux voies en faisant appel à Victor Hugo dans deux œuvres de verre exceptionnelles, Le vase Pasteur et La goutte de sang. Le vase Pasteur Les élèves et les professeurs de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm à Paris avaient choisi Emile Gallé pour réaliser la coupe de cristal, qu'ils avaient décidée d'offrir à Louis Pasteur, le 27 Décembre 1892, à l'occasion du soixante-dixième anniversaire de sa naissance. Sur ce vase, qui se trouve toujours dans les appartements de Pasteur, rue du Docteur Roux à Paris, Emile Gallé a symbolisé l’ensemble de l’œuvre de Pasteur en s’inspirant de Victor Hugo. Voici ce qu’écrit Gallé dans le manuscrit qu’il a lui-même remis à Pasteur :
Deux citations de Victor Hugo sont gravées sur cette œuvre qui symbolise la lutte contre l’obscurantisme et la souffrance pour le bien de l’Humanité tout entière :
On verra le troupeau des Hydres formidables Je vais
Dans l'esprit d'Emile Gallé, l'oeuvre de Pasteur s’apparente à celle de Dieu. Dans le texte explicatif manuscrit remis à Louis Pasteur cette idée apparaît très clairement :
Le vase La goutte de sang Ce petit calice en marqueterie de verre, reposant sur un pied marbré, appartient au Musée Historique Lorrain. Il a été acquis par Edouard Salin à l’Exposition Universelle de 1900. Deux citations gravées en creux à la roue et dorées sont inscrites sur le vaisseau :
La goutte de sang. Oh je pars avec toi, pitié puisque je saigne. Victor Hugo.
Ces deux citations encadrent une goutte de sang qui apparaît dans le bouton d’une anémone qui éclot. Des épis de blé sont gravés à la roue entre les fleurs. Pour comprendre cette œuvre, il est nécessaire de se référer aux Métamorphoses d’Ovide, livre X. La reine de Syrie avait une fille nommée Myrrha qu'elle disait être plus belle qu'Aphrodite. Jalouse, la déesse inspire à Myrrha un amour incestueux pour son père. La jeune fille, grâce à la complicité de sa nourrice, s'introduit dans la couche de son père et s'unit à lui. Myrrha sort du lit de son père, portant dans son flanc le fruit de l’inceste et erre épouvantée dans la campagne. Les dieux ont pitié d’elles et la transforment en arbre, le Myrrhe. Cependant le fruit de ce coupable amour avait crû et cherchait à sortir du tronc. L'arbre se fend, l'écorce s'ouvre, il en sort un enfant, Adonis. L’enfant devient un jeune homme d’une extraordinaire beauté, dont s’éprend Vénus. Un jour, à la chasse au sanglier, Adonis est mortellement blessé. Inconsolable, Vénus change le sang d’Adonis en fleur fragile, sensible au vent, mais qui renaît tous les printemps. Cette fleur est l’anémone. Nous comprenons ainsi le sens de l’œuvre de Gallé et le sens qu’il donne à la parole de Victor Hugo. Celui qui souffre, celui dont le cœur saigne, celui qui a péché, va communier avec le Seigneur dont l’anémone symbolise le sang et le blé la chair. En lui demandant pitié, il va recevoir le sang et la chair du christ, il va suivre sa parole.
Hugo comme Gallé, sont persuadés que la face de lumière triomphera de la face obscure de l’Homme et qu’un jour sur terre règnera un monde meilleur. Deux vases extraordinaires, Les Lumineuses et Flambe d’eau, présentés à l’Exposition Universelle de 1900 dans la vitrine Repos dans la solitude, expriment cet espoir par deux citations de Victor Hugo :
Et quand ces temps viendront, ô joie! ô cieux paisibles! Toute terre doit devenir un Eden
Sur les œuvres de verre, de bois ou de terre d’Emile Gallé, nous avons relevé plus de sept cents citations ou dédicaces différentes, imaginées par Emile Gallé ou empruntées à différents auteurs, aux Evangiles ou aux traditions populaires. Les citations qu’il fait apposer sont le plus souvent de mémoire, ce qui explique les très fréquentes distorsions avec les textes originaux. Mais assez souvent, Emile Gallé adapte volontairement les citations. Leur analyse permet de tirer des enseignements précieux sur certaines de ses motivations. Ce qui distingue le Maître nancéien des verriers qui l’ont précédé, ou imité, ou suivi, est le sens qu’il donne à ses oeuvres. Ses réalisations sont des oeuvres d’art traduisant sa sensibilité et ses émotions propres. Le symbolisme qui s’y attache ne peut se découvrir qu’après une longue étude. Les citations gravées sur ses œuvres nous aident souvent à découvrir le sens qu'Emile Gallé leur attribue. Par ces citations, il associe leurs auteurs à ses propres émotions. Il crée en façonnant la matière à laquelle il donne un sens. Les textes qu’il y fait apposer ont ainsi une nouvelle expression et une nouvelle profondeur. Ils nous éclairent sur le sens qu’Emile Gallé donne à ses oeuvres
Emile Gallé éprouve la plus vive admiration pour ce géant de la littérature française. Les deux hommes ont épousé les mêmes causes et sont sensibles aux mêmes grands sentiments qui animent la nature humaine : l’amour, la justice, la paix, mais aussi la souffrance. Tous les deux sont des hommes d’action qui n’hésitent pas à mettre leur talent et leur notoriété au service des causes qu’ils estiment devoir défendre. Victor Hugo devra s’exiler pendant seize ans pour avoir osé défier Napoléon III en protestant contre son despotisme. Emile Gallé sera exclu comme membre du jury à l’Exposition universelle de 1900 pour avoir pris partie en faveur de Dreyfus. Son entreprise souffrira durement de son engagement aux côtés du capitaine. D’après les documents actuellement connus, il ne semble pas qu’Emile Gallé et Victor Hugo se soient rencontrés ou aient établi une correspondance. Néanmoins, ils ont participé à un combat commun, la lutte contre la démolition de la porte Saint-Georges à Nancy en 1878. Ils faisaient tous les deux partie du comité de défense. Emile Gallé a réalisé à cette date des cocottes en faïence portant la mention : On ne la démolira pas et en 1884 a présenté un cruchon rappelant cette lutte. Sur les cinquante-cinq écrivains ou poètes à qui Emile Gallé a fait des emprunts, Victor Hugo arrive de très loin en tête avec près de soixante citations. Plus de cinquante sont gravées sur des œuvres de verre, trois sont mentionnées dans le Décor symbolique, le discours de réception d’Emile Gallé à l’Académie de Stanislas, une est apposée sur bois et pas une seule sur céramique. Dans son œuvre de céramique, Emile Gallé a laissé libre cours à sa fantaisie, à son inclinaison pour le baroque, pour l’art japonais et chinois, à son goût pour l’antiquité, ou le dix-septième siècle, aux assemblages le plus divers et les plus surprenants. L’humour, la dérision, la fantaisie et parfois l’extravagance se côtoient dans la céramique de Gallé. Même si la nature, la poésie et les symboles n’y sont pas absents, le style que Gallé a adopté pour ses faïences ne pouvait s’accorder avec le symbolisme et la puissance de l’œuvre de Victor Hugo. Même le bois, dont la subtilité des tons et des assemblages permet les plus belles créations, ne pouvait être un support pour les textes de Victor Hugo. La beauté, la force et le sens des écrits de Victor Hugo, Emile Gallé n’a pu les exprimer que sur verre, le matériau qui se prête aux harmonies les plus subtiles.
Catalogues, notices d’expositions, documents divers Brunhammer Yvonne, Nishizawa Shinya, Yoshimizu Tsuneo et Yoshida Toshio, Exposition Emile Gallé, Le Nihon -Keizai Shimbun, Tokyo, Nagoya, Osaka, 1980. Charpentier Françoise-Thérèse et Thiébaut, Philippe, Gallé, Catalogue de l'Exposition du palais du Luxembourg, Paris, 1985. Gallé Emile, Union des arts décoratifs. VIIIe Exposition. Le Verre. Notice au jury sur sa production, par Emile Gallé, Brochure autotypée, in-folio, 1884. Gallé Emile, Exposition universelle de 1889. Groupe III, classe 19 (Cristallerie, verrerie, émaux). Notice remise au jury sur sa fabrication de VERRES et CRISTAUX de LUXE, par Emile Gallé à Nancy. Nancy, imprimerie coopérative de l'Est, 51, rue Saint-Dizier, brochure de 24 pages, 1989. Gallé Emile, Les emplacements de Gallé à l’Exposition universelle de 1900, J. Royer imprimeur. Emile Gallé, catalogue de l’exposition, Museum Bellerive, Zürich, 1980. Hilschenz-Mlynek Helga und Ricke Helmut, Glas, Historimus, Jugendstill Art Déco, Band 1 Frankreich, Die Sammlung Hentrich im Kunstmuseum Düsseldorf, Prestel-Verlag, München, 1985. Mangin Marie-Claire, Le Fonds ancien sur l'Art Nouveau, essai de bibliographie, Bibliothèque municipale de Nancy, 1990. Marx Roger, La décoration et l'art industriel à l'exposition universelle de 1889. Adolphe Bitard, Exposition internationale, Paris, 1878. Exposition d’art décoratif et industriel lorrain, juin-juillet 1894. Catalogue édité par la ville de Nancy, Berger-Levrault imprimeur. Exposition universelle internationale de 1889, catalogue général officiel, groupe III, classe 19, Lille, 1889. Exposition lorraine. L’Ecole de Nancy, musée de l’Union centrale des Arts décoratifs, Pavillon de Marsan, Paris, 1903. Exposition de l’Alliance provinciale des industries d’art, Ecole de Nancy, catalogue officiel illustré, Nancy, 1904. Exposition d’Art décoratif de l’Ecole de Nancy au palais de Rohan, catalogue, Strasbourg, 1908. Exposition française d’art décoratif, 1909, Copenhague. Rapport général. Florentin Nicole, Florentin Robert, Susset Cécile et Ponton Bernard. Exposition itinérante Gallé Hugo, visions mêlées et notice d’Exposition. Editions de l’AAMEN. Warmus William, Emile Gallé, Dreams into Glass, Corning, The Corning Museum of Glass, New York, 1984.
Ouvrages Bloch-Dermant Janine, L'Art du verre en France, 1860-1914, Edita, Lausanne, 1974. Bloch-Dermant Janine, Le Verre en France d'Emile Gallé à nos jours, Paris, 1983. Charpentier Françoise-Thérèse, Emile Gallé, industriel et poète, Université de Nancy II, Nancy, 1978. De Bartha Georges, L'Art 1900, la collection Neumann, Bibliothèque des Arts, Lausanne-Paris, 1993. Duncan Alastair et de Bartha Georges, Gallé, le verre, Bibliothèque des Arts, Lausanne-Paris, 1985. Gallé Emile, Ecrits pour l'Art Floriculture. Arts décoratif. Notices d'exposition (1884-1889). Paris Librairie Renouard, H. Laurens Editeur (recueil des principaux textes d'Emile Gallé recueilli par Henriette Gallé-Grimm), 1908. Garner Philippe, Gallé, Flammarion, Paris, 1990. [1976]. Henrivaux Jules, Verre et verrerie, Paris, 1894. Henrivaux Jules, Le Verre et le cristal, Paris, 1897. Henrivaux Jules, La verrerie au XXème siècle, L. Geisler, Paris, 1911. Kikuchi Yasunari, Suzuki Kiyoshi, Tsuchiya Yoshio, Gallé’s Gallé, The masterpieces of Emile Gallé; Publishing Co., Ltd, Yoshioka, 1993. Le Tacon François, Emile Gallé ou le mariage de l’art et de la science, Messene, Paris, 1995. Le Tacon François, L’œuvre de verre d’Emile Gallé, Messene, Paris, 1998. Thiébaut Philippe, Les dessins de Gallé, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1993. Yoshimizu Tsuneo, The Glass Arts of Emile Gallé, Gakken, 1985.
Articles Barbier-Ludwig Georges, “La main aux algues et aux coquillages, à propos du symbolisme d’Emile Gallé”, Arts nouveaux, Bulletin de l’Association des amis du Musée de l’Ecole de Nancy, 6 : 2, 1991. Bloch-Dermant Janine, “Le décor floral des verreries d’Emile Gallé”, L’Estampille, 104, 16-27, 1979. Bloch-Dermant Janine, “Emile Gallé et la marqueterie de verre”, L’Estampille, 108, 1979. Bour Edouard, “Le Musée des Arts Décoratifs à l’Hôtel de Ville de Nancy”, La Lorraine Artiste, 34-40, 1904. Bour Edouard, “Emile Gallé”, La Lorraine Artiste, 3-15, 1905. Brunhammer Yvonne, “Gallé ou le renouveau de la verrerie”, Plaisir de France, 55-59, 1972. Charpentier Françoise-Thérèse, "L’Ecole de Nancy”, Jardin des Arts, 24-33, 1960. Charpentier Françoise-Thérèse, “L’Ecole de Nancy et le renouveau de l’art décoratif en France”, Médecine de France, 18-32, juillet 1964. Charpentier Françoise-Thérèse, Quelques sources du décor des verriers lorrains entre 1867 et 1900”, Compte rendu du 7e Congrès international du verre, Bruxelles, 1965. Fourcaud Louis de, “Huitième Exposition de l’Union centrale des Arts décoratifs”, Revue des Arts décoratifs, janvier, p. 231-266, 1885. Fourcaud, Louis de, “Les Arts décoratifs au Salon de 1892”, Revue des Arts décoratifs, juillet, p. 1-14, 1892. Fourcaud Louis de, "Emile Gallé : Les artistes de tous les temps" : Le 20éme siècle, Série D, Paris, 1903. Gallé Emile, “L’Ecole de Nancy à Paris”, La Lorraine Artiste, 82-92, 1903. Henrivaux Jules, "Emile Gallé", L'Art Décoratif, 78 : 124-135, 1905. Henrivaux Jules, “Le Verre. II. Au Musée Galliera. Les verreries de Gallé”, Art et Industrie, 1910. Hinzelin Emile, “Emile Gallé”, La Lorraine Artiste, 17-21, 1905. Le Tacon François, "Emile Gallé et Louis Pasteur", Le Pays Lorrain, 1 : 75, 23-36, 1994. Marx Roger, "Conférence de M. Roger Marx sur Emile Gallé", Bulletin des Sociétés Artistiques de l'Est, 195-208, 1904. Marx Roger, "Emile Gallé. Psychologie de l'artiste et synthèse de l'oeuvre", Art et Décoration, 8 : 231-252, 1911. Meixmoron de Dombasle, Charles de, "Réponse du Président au Récipiendaire M. Emile Gallé", Séance du 17 Mai 1900, Nancy, Mémoire de l'Académie de Stanislas, 1-25, 1900. Nicolas Emile, "M. Emile Gallé à l'Exposition de 1900, la verrerie", La Lorraine Artiste, 163-168, 1900, 25-30 et 49-54, 1901. Nicolas Emile, "Ecole de Nancy, Alliance provinciale des Industries d'Art", La Lorraine Artiste, 211-215, 1901. Nicolas Emile, "L’exposition d’art décoratif de Nancy", Le Pays Lorrain, 1 : 348-353, 1904. Nicolas Emile, "Emile Gallé", Le Pays Lorrain, 23 : 361-368, 1904. Nicolas Emile, "Les verreries d’Emile Gallé au Musée de Nancy", Le Pays Lorrain, 151-154, 1904. Nicolas Emile, "Discours de Réception", Nancy, Mémoires de l'Académie de Stanislas, 86-98, 1936. Prouvé Victor, “L’Ecole de Nancy”, Le Pays Lorrain, 65-69, 1936. Rudder Jean-Luc, “Les poèmes vitrifiés d’Emile Gallé”, L’Estampille, 13, 13-38, 1970.
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Hugo Victor
L’inconnu est océan Extrait de : Les Misérables, 1862, page 618, deuxième partie, Cosette . Certaines facultés de l’homme sont dirigées vers l’inconnu ; la pensée, la rêverie, la prière. L’inconnu est un océan.
Calice, collection privée.
Cappa Giuseppe, 1991, p. 200.
Mon patrimoine est la chimère. . . Victor Hugo.
Extrait de : Les Chansons des rues et des bois, 1865, p. 283, L2, Nivôse, 4, Clôture : Mon patrimoine est la chimère, Sillon riche, ayant pour engrais Les vérités, d’où vient Homère, Et les songes, d’où sort Segrais.
Coupe, Exposition universelle de 1889, musée des Arts décoratifs, Paris, inventaire n° 5668.
La frissonnante libellule Mire le globe de ses yeux Dans l’étang splendide où pullule Tout un monde mystérieux! V. Hugo.
Extrait de : Les Rayons et les Ombres. , 1840, p. 1061, 17, Spectacle rassurant : La frissonnante libellule Mire les globes de ses yeux Dans l’étang splendide où pullule Tout un monde mystérieux! La rose semble, rajeunie, s’accoupler au bouton vermeil.
Urne couverte Eaux dormantes, présentée au Salon de la Société nationale des beaux-arts , Paris, 1891, datée 1889-1890, ancienne collection Roger Marx, musée d’Orsay, Paris, inventaire n° OAO 1295.
O forêts, ciel pur, ombre des grands chênes, Au delà des haines, vous cherchez l’azur. V. H.
Adapté de : La Légende des Siècles, 1877, page 910 Satan, c'est la douleur, c'est l'erreur, c'est la borne, C'est le froid ténébreux, c'est la pesanteur morne, C'est la vis du sanglant pressoir ; C'est la force d'en bas liant tout de ses chaînes, Qui fait dans le ravin, sous l’ombre des grands chênes, Crier les chariots le soir.
Vase de série à décor en camée dégagé à la roue, 1890, vente du 10 octobre 1970 à Londres. Vente du 13 décembre 1989 à Genève. Vente du 19 10 1990, Paris-Drouot, Me Bernard Rey. Vente du 19 octobre 1992, Rambouillet. Vente du 17 décembre 1992, Paris-Drouot, Me Boisgirard.
O forêts, bois profonds, solitude, asile. V. Hugo.
Vase Les primevères, marqueterie, vente du 28 octobre 1979 à Enghien. Vente du 25 mars 1977 à Paris-Drouot, Mes Laurin, Guilloux, Buffetaux, Tailleur, ancienne collection, Madame de Poles.
Puisque voici la saison des pervenches Nous habitons chez les Pervenches Des chambres de fleurs, à crédit. Quand la fougère a, sous les branches, Une idée, elle nous la dit. V. Hugo.
Extrait de : Les Chansons des rues et des bois, 1865, p. 2831 L2, Nivôse, 4, Clôture : Le pluvier, le geai, la colombe, Nous accueillent dans le buisson, et plus d’un brin de mousse tombe De leur nid dans notre chanson. Nous habitons chez les pervenches Des chambres de fleurs, à crédit. Quand la fougère a, sous les branches, Une idée, elle nous la dit.
Vase, 1891, musée d’Orsay, inventaire n° OAO 896.
Comme dans les étangs assoupis sous les bois. à Mlle Fanny de P. , Enfant qui serez une femme! : 7 mai 1839.
Extrait de : Les rayons et les ombres, 1840, p. 1052, 9, Comme dans les étangs assoupis sous les bois, Dans plus d’une âme on voit deux choses à la fois, Le ciel, qui teint les eaux à peine remuées avec tous ses rayons et toutes ses nuées, Et la vase, fond morne, affreux, sombre et dormant, où de reptiles noirs fourmillent vaguement.
Vase en cristal La renoncule des bois, Salon du Champ de Mars, 1892, acquis par le musée du Luxembourg, Écrits pour l’Art, 1908, p. 122.
On verra le troupeau des Hydres formidables Sortir, monter du fond des brumes insondables Et se transfigurer.
Extrait de : Les Contemplations, 1856, p. 473, 26 La bouche d’ombre :
Je vais Méditant, et toujours un instinct me ramène A connaître le fond de la souffrance humaine
Extrait de : Les Contemplations. , 1856, pp. 152-153, 26, Les Malheureux. Mes enfants, à travers les brumes, les mensonges, Les lueurs des tombeaux, les spectres des chevets, les apparences d’ombre et de clarté, je vais Méditant, et toujours un instinct me ramène A connaître le fond de la souffrance humaine.
Vase Pasteur, 1892-1893, musée Pasteur, Paris et Écrits pou l’Art, 1908, pp. 151 et 154.
Douce est l’aurore et douce sont les roses.
Extrait de : Les Contemplations, 1856, page 102. Le monde est plein de merveilleuses choses. Douce est l’aurore, et douce sont les roses. Rien n’est si doux que le charme d’aimer !
Vase aux glycines, 1898, collection Neumann, p. 91, Vase aux primevères, créé en 1889, et réédité en 1894-1895, collection de sa Majesté, la reine Margreth de Danemark, Jean-Luc Olivié, 1995. Une autre version du vase au primevères, conservée au musée de l'Ecole de Nancy, porte une citation de Shakespeare.
Plus de guerre, plus de sang.
Vase Urnes roses, 1896 et canthare publié par Louis de Fourcaud, 1903, p. 41.
Nous chasserons la guerre et le meurtre à coups d’aile.
Extrait de : La Légende des Siècles, 1877, page 911/19 Tout le passé, tout l’avenir. Nous chasserons le guerre et le meurtre à coups d’aile. Et cette frémissante et candide hirondelle Qui vole vers l’éternité, L’espérance, adoptant notre maison amie, Viendra faire son nid dans la gueule endormie Du vieux monstre Fatalité.
Vase publié par Louis de Fourcaud, 1903, p. 36, reproduit par Philippe Garner, 1976, p. 55.
Je suis la fleur de muraille dont avril est le seul bien. Victor Hugo.
Extrait de : Les Contemplations, 1856, page 90/25L2. Je suis la fleur des murailles, Dont avril est le seul bien.
Vase La giroflée de muraille, 1898, vente du 13 novembre 1989 à Genève, Habsburg-Feldman. Vente du 29 novembre 1995, Paris-Drouot-Montaigne, Mes Millon et Robert.
La giroflée de murailles.
Adapté de : Les rayons et les ombres, 1840, page 1062, 17, Spectacle rassurant, 17 La lune au jour est tiède et pâle
Ou adapté de : Les travailleurs de la mer, 1866, page 448. Quelques nuées lascives
s'entre-poursuivaient dans l'azur avec des
ondoiements de nymphes. On croyait sentir passer des baisers que s'envoyaient
des bouches invisibles. Pas un vieux mur qui n'eût, comme un marié, son
bouquet de giroflées. Les prunelliers étaient en fleur, les cytises étaient
en fleur ; on voyait ces monceaux blancs qui luisaient et ces monceaux jaunes
qui étincelaient à travers les entre-croisements des rameaux. Le printemps
jetait tout son argent et tout son or dans l'immense panier percé des bois. Les
pousses nouvelles étaient toutes fraîches vertes. Vase, 1900, Janine Bloch-Dermant, 1974, p. 85.
Car tous les hommes sont les fils d'un même Père. Ils sont la même larme. Ils sortent du même oeil.
Extrait de : Les Contemplations, 1856, p. 364, 22 La mort, 1854 L6.
Calice Le Figuier, 1898-1900, Exposition universelle de 1900, musée de l'Ecole de Nancy, inventaire n° HH 18. Cette oeuvre porte une autre inscription : En laissant rouler des pleurs humains le long de ce calice.
Cette deuxième citation peut aussi être adaptée de : Les feuilles d’automnne, page 754, Oh pourquoi te cacher ? Car la fleur, qui s'ouvrit avec l'aurore en pleurs,
La lumière montera dans tout comme une sève. Victor Hugo.
Extrait de Les Contemplations, 1856, p. 473, 26 La bouche d’ombre, 1854, L6 : La clarté montera dans tout comme une sève. . On verra rayonner au front du boeuf qui rêve Le céleste croissant.
Lampe La Solanée, Exposition universelle de 1900.
Idée tu ne seras point éteinte La lumière montera dans tout comme une sève.
Lampe, 1900, vente du 15 décembre 1990, Paris-Drouot.
La clarté montera.
Lampe La Solanée, créée en 1902 pour éclairer le piano du salon d'Emile Gallé, avenue de la Garenne à Nancy, Françoise-Thérèse Charpentier, Arts nouveaux, n° 12, 1996.
Lumière, tu ne seras pas éteinte.
Extrait de : Les Misérables, 1862, page 883. Lampe à décor d’iris, Exposition universelle de 1900, Emile Nicolas, La Lorraine artiste, 1901.
Le bleu matin / surgit disant / Aimez vivez. Victor Hugo.
Extrait de : Les quatre vents de l’esprit, 188I, page 119 Le bleu matin dorait l’herbe dans les fossés
ou extrait de : La légende des siècles, 1883 page 301 Car par vous, j'en atteste ici le bleu matin, j'en atteste l'affreux mystère du destin qui pèse sur nous tous et qui nous environne, par vous, les porte-sceptres et les porte-couronnes, par vous, les tout-puissants et les forts, c'est par vous que nous avons l'infâme écorchure aux genoux, que nous sommes abjects, sinistres, incurables, et que notre misère est faite, ô misérables ! Vase Le bleu matin ou Paysage de verre, 1900, musée de l'Ecole de Nancy, inventaire n° J. B. 81. 3.
L'Étoile du matin, l’étoile du soir, Victor Hugo.
Extrait des Contemplations, 1856, p. 116, Cérigo, 1855 L5 : L'étoile du matin et l’étoile du soir.
Vase en marqueterie de verre, monture en bronze, circa 1902. Coupe à décor dégagé en camée à l’acide, circa 1900, collection privée. Vase à monture de bronze, publié par Louis de Fourcaud, 1903.
L’étoile du matin et l’étoile du soir.
Vase à décor gravé en camée à l’acide, collection privée.
Le phare de toute heure, L’étoile du matin et l’étoile du soir.
Extrait de : Les Contemplations, 1856, p. 116, Cérigo, 1855 L5 : L’astre sacré que voit l’âme, sainte prunelle, Le phare de toute heure, et, sur l’horizon noir, L’étoile du matin et l’étoile du soir!
Vase à décor d’étoile et de mélampyre offert en 1894 à Victor Champier, localisation inconnue, nouvel an 1893-1894, manuscrit d’Emile Gallé, collection particulière.
Mais le sabbat sombre aux rauques huées Fuit la forêt, le clair chant du coq perce les nuées Ciel! L’aube apparaît. Victor Hugo.
Extrait de : Les Châtiments, 1853, p. 595, livre VII, Les sauveurs se sauveront, III, Le chasseur : Les feuilles des bois, du vent remuées, Tombent. . . On dirait Que le sabbat sombre aux rauques huées A fuit la forêt. Le clair chant du coq perce les nuées, Ciel! L’aube apparaît!
Vase en marqueterie de verre, Exposition universelle de 1900.
Les bleuets la trouvaient belle.
Vase Les Bleuets, 1900, Museum of Art, Philadelphie.
Aimons l’idée avec tous ses aspects, Puissance, Vérité, Liberté, Paix, Justice, Innocence. Victor Hugo.
Vase Heracleum, Exposition universelle de 1900, Emile Hinzelin, 1901. Vase aux ombelles, Exposition universelle de 1900, Kunstmuseum de Berlin, n° 245.
Et quand ces temps viendront, ô joie! ô cieux paisibles! On entendra chanter sous le feuillage sombre Les Edens enivrés et l’on verra dans l’ombre Resplendir les bleus paradis. Victor Hugo.
Extrait de La légende des siècles, 1877, p. 912, 19, Tout le passé, tout l’avenir : Au lieu des mondes noirs pleins d’horribles délires, Qui rugissent vils et maudits, On entendra chanter sous le feuillage sombre Les Edens enivrés, et l’on verra dans l’ombre Resplendir les bleus paradis.
Vase Les Lumineuses, 1900, Museum für Kunst und Gewerbe, Hambourg, inventaire n° 1900 331.
Toute terre doit devenir un Eden Tout ciel un paradis
Vase Flamme d’eau présenté à la l’Exposition universelle de 1900 dans la vitrine Repos dans la solitude. Vente du 21 juin 2002, Maîtres Courtois et Chauvire, Angers.
Mais nous luttons Esprits nous vaincrons Bien nous-mêmes. V. H. Extrait de : La légende des siècles, 1877, page 908, tout le passé, tout l’avenir Le Mal, le glaive au poing, voilé d'un voile d'ombre, Nous guette ; et la forêt que la broussaille encombre, L'âpre rocher, le flot ingrat, L'aident, complices noirs, contre la créature, Et semblent par moments faire de la nature L'antre où rêve ce scélérat. Mais nous luttons, esprit ! nous vaincrons. Dieu nous mène. Il est le feu qui va devant l'armée humaine, Le Dieu d'Eve et de Débora. Un jour, bientôt, demain, tout changera de forme, Et dans l'immensité, comme une fleur énorme, L'univers s'épanouira ! Nous vaincrons l'élément ! cette bête de somme Se couchera dans l'ombre à plat ventre sous l'homme ; La matière aura beau hurler ;
Vase Africana, Exposition universelle de 1900, musée des Arts décoratifs, Paris, inventaire n° 27 982.
L’obscurité couvre le monde, Mais l’Idée illumine et luit.
Extrait des Châtiments, 1853, pp. 510, Livre VI, La stabilité est assurée, VII, Luna.
Verrerie en marqueterie de verre Le gui, circa 1900, vente de 1987, Divonne-les-Bains.
Les arbres se parlent tout bas.
Extrait de : Les Contemplations, 1856, page 176/10 Amour 1855 L 3. Les arbres se disaient tout bas de douces choses
Vase de série à décor de bouleaux et d’insectes dégagés à l’acide en camée, circa 1895. Vente du 9 décembre 1977 à Neuilly-sur-Seine, Me Jacques Moineaux. Vente du 22 février 1981, Nancy, Me Gautier. Vente du 14 octobre 1990, Limoges, Me Bernard Galateau. Vente du 1er juillet 1986, Me Millon, Paris.
Les globes, fruits vermeils des divines ramées.
Extrait de : Les Contemplations, 1856, pp. 496-497, A celle qui est restée, L6.
Grand vase en cristal, Exposition de 1900, Emile Nicolas, La Lorraine artiste, musée Saint-Denis, Reims, inventaire n° 907. 19. 460. Dressoir Les chemins d’automne, musée Tiffany, Matsue, Japon.
Semé dans un sillon de misère et de peine.
Extrait de : Les Châtiments, 1853, p. 626, livre VII, Les sauveurs se sauveront, IX : Nous, proscrits, qui sentons, pleins d’une douce joie, Dans le bras qui nous frappe une main nous bénir, Nous, les germes du grand et splendide avenir Que le Seigneur, penché sur la famille humaine, Sema dans un sillon de misère et de peine.
Vase de série gravé à l’acide, vente du 3 février 1988, Paris, Auction Drouot.
J’admire, ô vérité, plus que toute auréole, L’ombre que font sur ta face Les barreaux d’une prison! Victor Hugo.
Extrait de : Les Châtiments, 1853, p. 350, livre IVI La Religion glorifiée, XII, A quatre prisonniers après leur condamnation. : J’admire, ô vérité, plus que toute auréole, Plus que le nimbe ardent des saints en oraison, Plus que les trônes devant qui tout s’efface, L’ombre que font sur ta face Les barreaux d’une prison!
Vase Picciola, die Sammlung Hentrich im Kunstmuseum Düsseldorf, inventaire n° P 1974-14.
Paupières, ouvrez-vous, Debout, vous qui dormez! Levez-vous, vertus!
Extrait de : Les Châtiments, 1853, pp. 565-570, Livre VI, La stabilité est assurée, XV, Stella : Paupières, ouvrez-vous! Allumez-vous prunelles! Terre, émeus le sillon. vie, éveille le bruit. Debout, vous qui dormez! car celui qui me suit, Car celui qui m’envoie en avant la première, C’est l’ange Liberté, C’est le géant Lumière! Jersey, juillet 1853.
Vase, catalogue de la Société nationale des beaux-arts , 1892.
Vous savez bien que j’ai des ailes, O vérités.
Extrait des Contemplations, 1856, p. 184, 2 Ibo, 1854 L6.
Vase, catalogue de la Société nationale des Beaux-Arts , 1892.
Quel bouquet nous composâmes! Pour qu’il dûrat plus qu’un jour. Nous y mîmes nos âmes. Victor Hugo.
Vase Madame Carnot, 1892, vente du 6 avril 1994, Paris-Drouot-Richelieu, Mes H. Gros et G. Delettrez.
Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent, ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front. Victor Hugo. Extrait de : Les Chatiments / 1853 page 337 / Livre IV , Le Religion est glorifiée, IX Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont ceux dont un dessein ferme emplit l' âme et le front, ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cîme. Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
A Victor Prouvé / à l'homme et l'artiste excellents / ses intimes amis et admirateurs / 28/VI/1896.
Le Vase Prouvé, musée de l’Ecole de Nancy, don de la famille Prouvé.
L’idée d’amour, des tristes yeux Monte calme, sinistre et pure sur l’horizon mystérieux.
Extrait de : Les Châtiments, 1853, p. 510, livre VI.
Vase n° 34, vente du 6 octobre 1985, Sotheby's, Arts décoratifs du XX ème siècle, Suntory Museum of Art, Tokyo.
Les fleurs souffrent sous le ciseau Et se ferment ainsi que les paupières closes. V. Hugo. Extrait de : Les contemplations, 1856, page 466.
Vase à décor d’anémones pulsatiles, offert à Mademoiselle Estoppey en 1892, localisation inconnue.
Tout est douleur, les fleurs souffrent sous le ciseau Et se ferment ainsi que les paupières closes. V. Hugo.
Vase soliflore bulliforme, offert à Madame de Beauminy en 1892, localisation inconnue.
Je n’ai rien d’autre à faire ici-bas que d’aimer. V. H.
Vase à décor de capucines, Le sens de la vie, offert à Edmond Rostand en 1892, Janine Bloch-Dermant, 1974, pp. 67 et 129.
Ô vivants qui flottez dans l’énigme infinie, Nous allons à l’amour, au bien, à l’harmonie. Victor Hugo. Extrait de : La légende des siècles, 1877, page 910
; ô vivants qui flottez dans l'énigme infinie,
Coupe en cristal imitant l’agate, décor tournant de laminaires, signée sur la panse : Emile Gallé et sous le pied : Exp. 1900, vente du 10 février 1990 à Paris-Drouot, Mes Tilorier et Beaussant.
Oceano nox. V. H. ou Oceano nox.
Manuscrit autographe, Exposition de 1900, Les pâtes de verre, étude pour un vase à décor de Fucus et de coquilles, vente du 7 décembre 1987, Me Ader, Paris-Drouot. Coupe décrite par Philippe Thiébaut dans le catalogue Gallé de l’Exposition du palais du Luxembourg, 1985, n° 137 du catalogue.
Quoique tu sommeilles.
Extrait de : Les châtiments, 1853, page 509 ô *France, quoique tu sommeilles, Les ténèbres ont des oreilles,
Vase Fleur d’opium, Salon de la Société nationale des beaux-arts , Paris 1898, Ecrits pour l'Art , p. 201. Cahier manuscrit d’Emile Gallé, 1898, musée d’Orsay, Philippe Thièbaut, figure 25, 1993.
Tristesse, sois mon diadème!
Extrait des Châtiments.
Vase l’Ancolie, Salon de la Société nationale des beaux-arts , Paris 1898, Ecrits pour l'Art , p. 202.
Une rose me dit : Devine! Et je lui répondis : Amour!
Extrait de : Chansons des rues et des bois, 1865 page 287 Oh ! La vraie église divine !
Le Décor symbolique, 1900, Ecrits pour l'Art , 1908, p. 216.
Nous ne ferions rien qui vaille Sans l’orme et sans le houx, Et l’oiseau travaille A nos poèmes avec nous.
Extrait de : Chansons des rues et des bois, 186, page 281 Le Décor symbolique, 1900, Ecrits pour l'Art , 1908, p. 216.
Le mot c’est Dieu. L’abîme en en parlant prend l’atome à témoin.
Extrait des Contemplations, 1856, p. 202, 5 Croire, 1854 L6 : Et toutes ses splendeurs, poussant des cris Funèbres, Disent en voyant Dieu : nous sommes les ténèbres! Dieu, c’est le seul azur dont le monde ait besoin. L’abîme en en parlant prend l’atome à témoin.
Le Décor symbolique, 1900, Ecrits pour l'Art , 1908, p. 215.
Cherchez la note humaine, Allez dans les suprêmes symphonies. Victor Hugo à l’artiste d’actualité, à Raoul Pugno Vase en cristal orangé, Sammlung Gertrud und Dr Karl Funke-Kaiser, Brigitte Klesse und Hans Mayr, Köln, 1981, oeuvre n° 191.
Dans les suprêmes symphonies Cherchez la note humaine.
Vase soliflore à décor de libellule en vol et de rayons d’abeilles. Sun Kurino Museum of Art Japon.
Cherchez la note humaine, allez! Hugo au maître Ysaye. Vase à décor de libellules. Sotheby’s Monaco, vente du 14 octobre 1990.
Dans les suprêmes symphonies, C’est l’âme à chaque pas, Trouve à faire son nid. Petit vase à décor de branches, d’abeilles et de rayons de ruche. Musée historique de Haguenau, collection David Henninger.
Extrait de : Les Contemplations, 1856 page 420 / 23 Les Mages, 1855 L 6 Et de se dire : je suis l'aile ! Et de se dire : j'ai l'azur ! Allez, prêtres ! Allez, génies ! Cherchez la note humaine, Allez, dans les suprêmes symphonies des grands abîmes étoilés !
Les épis sereins. Victor Hugo.
Coupe, circa 1900. Danske Kunstindustrimuseum Copenhague, inventaire n° 1030.
Et l’arbre de la route Secoue aux vents du soir la poussière du jour. V. Hugo. Extrait de : Les feuilles mortes, 1831, page 791 Le crépuscule, grand vase à fond bleu nocturne. Décor de feuilles et chatons de hêtre argenté qui retombent en poussière, acquis par l’Etat au salon de 1895 pour le musée du Luxembourg. Vase Le crépuscule, 1897, collection Roger Marx, vente de 1914.
Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde. Extrait de La Légende des siècles, XXXIII- Le Cercle des tyrans. Quand vous cadenassez sous un rideau de fer Tous ces buveurs d’azur faits pour s’énivrer d’air, Tous ces nageurs charmants de la lumière bleue, Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue, Croyez-vous que le bec sanglant des passereaux Ne touche pas à l’homme en heurtant ses barreaux ? Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde ! Commode Le Sang d’Arménie, Musée des Beaux-Arts de Reims
La goutte de sang.
Oh je pars avec toi, pitié puisque je saigne. Victor Hugo Calice La goutte de sang, Exposition universelle de Paris, 1900 (Musée Historique Lorrain, collection Edouard Salin au château de Montaigu, acquis par Auguste Salin à l’Exposition Universelle de 1900).
Chair de femme! argile idéale! ô merveille.
Citer dans Ecrits pour l’Art.
Le soir calme et profond se répand dans la plaine. V. Hugo. Vase Epi d’orge, vers 1900. Esquisse d’Emile Gallé, collection AAMEN.
Allez, Allez, ô jeunes filles Cueillir des bleuets dans les blés. V. Hugo Esquisse d’Emile Gallé, collection AAMEN.
Oui, l’aube naît ; demain les âmes seront libres. Victor Hugo Esquisse d’Emile Gallé, collection AAMEN.
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